Articles de vulgarisation concernant la restauration de la maison ancienne, l'isolation thermique écologique et les actualités de notre agence.

Une année après sa réception, retour sur la construction d’une maison passive que nous avons réalisé dans les Monts du Lyonnais.

24/09/2014
Réhabilitation passive

Réalisation d’une maison d’habitation passive – Contexte et projet


Habitat bioclimatique passif

Genèse du projet

C’est en hiver 2012 que Charles et Anne-Marie nous contactent afin de réhabiliter une maison ancienne avec comme cahier des charges une performance énergétique élevée, une recherche d’autonomie et une démarche écologique.
La maison concernée est une ancienne habitation en pierre comprenant une annexe et une cour couverte.
Séduit par le projet, l’orientation plein sud et la disposition compacte du bâtiment principal construit sur cave et rez-de jardin, nous convenons d’en réaliser la conception. Le Maitre d’Ouvrage se charge du relevé et de suivre les travaux ayant compétence et connaissant les entreprises locales. Nous intervenons donc en conception et appui lors du chantier.

Stratégie de conception de la rénovation basse consommation au niveau passif

Simulation thermique dynamique
L’étude thermique de modélisation dynamique est intégralement liée à la conception architecturale dès l’esquisse. Nous choisissons pour nous accompagner le BET Incub’. La simulation thermique dynamique est un outil de conception énergétique absolument fondamentale à exploiter pour la réalisation d’un bâtiment basse consommation ou passif. La finesse des résultats et les échanges entre notre agence et le bureau d’étude ont permis de diriger le projet vers une consommation énergétique inférieure au BBC avec des besoins de chauffage de 12 à 20 kWh/m².an.

Maison bioclimatique passiveUne conception bioclimatique
Le bâtiment réalisé sur une pente orientée sud bénéficie d’une exposition optimum. Pensant nous servir de la façade sud comme d’un capteur accumulateur, nous en abandonnons cependant l’idée après considération de la simulation dynamique : pas d’apports significatifs par rapport à un mur isolé, impossibilité de réaliser une serre.
La façade Sud est amplement ouverte et bénéficie d’une protection solaire par brise soleil. Pas d’avancée de toit en raison de la proximité de la route.
Le mur Nord est aveugle hormis une ouverture meurtrière pour une salle de bain.
La façade Est et Ouest sont partiellement ouvertes ; La cour intérieure couverte à l’ouest constitue un bon rempart à la surchauffe estivale : pas de rayonnement solaire direct.

De la réhabilitation à la construction
Le projet était orienté vers la réhabilitation du bâtiment. Cependant, le mauvais état des murs en pierre en décida autrement. Seul fut conservé le RdC et la cave. Dès lors, nous pouvions renforcer encore l’isolation du plancher du premier niveau d’habitation et atteindre un niveau de résistance thermique des murs élevés (R=6,06 m²K/W). L’isolation thermique de la couverture étant fixée à 11,10 m²K/W.

Besoins énergétiques
La production d’eau chaude est produite par un système solaire thermique reliée au système hydraulique d’un poêle à bois de faible puissance.

Etanchéité à l’air, ventilation double flux et apports énergétiques gratuits

Etude thermique dynamiqueLa performance de la ventilation double-flux est étroitement liée au fonctionnement du bâtiment et à la performance de son étanchéité à l’air.
En comparant les « gains utiles » aux « déperditions » : 83 % des besoins de chauffage sont couverts par des apports gratuits (chaleur dégagée par les occupants, apports solaires, appareils électriques)
En comparant les « gains utiles » au total des apports (en jaune) : 48 % des apports reçus sont effectivement récupérés. Ce taux de récupération est modeste. Il signifie que les apports gratuits sont importants au regard des besoins de chauffage, cas typique des projets très isolés.
Si le bâtiment ne bénéficiait d'aucun apport de chaleur « gratuit», il faudrait lui fournir l'énergie équivalente aux déperditions annuelles, soient 9 400 kWh et près de six fois les besoins estimés !

Maison passive écologique

Habitat passif retour d’expérience sur la première année

Entretien avec les propriétaires

Maison passive dans les Monts du LyonnaisCharles et Anne-Marie, quelles ont étés les températures observées en hiver ?
L’hiver, lorsque la maison est occupée nous avons constaté une température oscillant entre 21 et 22°, 19° au plus froid de la saison.

Lors des journées ensoleillées et compte tenu de l’exposition du bâtiment, quelles différences de température ambiante avez-vous constaté par rapport aux journées sans soleil ?

Environ 2° d’écart. La température intérieure lors d’une journée hivernale brumeuse donnait une température de 20°C. Celle-ci montait autour de 22° avec l’apport solaire.
Notre présence et les activités quotidiennes générées par celle-ci représentent un apport flagrant.


Décryptage :
Ces performances supérieures à l’étude dynamique, puisqu’obtenues sans chauffage (excepté un radiateur porte serviettes dans les salles de bain), nous ont un peu surprises. Elles démontrent l’attention accordée à l’isolation et à l’étanchéité à l’air lors du chantier.
Nous pensons qu’une grande part de cette performance tient aussi du caractère très compact du volume. C’est un atout considérable. L’enveloppe thermique étanche rend très sensible la valorisation des apports gratuits quotidiens ou solaires.



Passons à la période estivale. Comment avez-vous vécu votre deuxième été ?
Cet été n’était pas particulièrement caniculaire. Les journées les plus chaudes, nous sommes montés à 25°. En ouvrant les fenêtres la nuit nous perdions quelques degrés mais nous nous retrouvions avec 200 mouches en matinée ! Nous avons donc passé l’été fenêtres fermées, volets ouverts, avec 22° au petit matin et 25° en soirée.


Décryptage :
La façade sud bénéficie d’une protection par brise soleil externe. Les BSO n’auraient pas été systématiquement tirés la journée.
L’exposition sud permet de bénéficier d’un rayonnement solaire direct l’hiver tandis que celui-ci rayonne de façon plus verticale l’été. D’où l’importance d’utiliser des isolants de forte densité sous toiture (fibres de bois 50kg/m3).



Réhabilitation passive dans le BeaujolaisDes regrets ?
Oui, nous aurions pu nous passer du poêle hydraulique. Une usine à gaz dont nous ne sommes servis que deux fois. (NDR. Le poêle est raccordé au système thermique solaire avec une puissance de chauffage de 4 kW et de 6 kW pour l’eau chaude sanitaire).
Pas de regrets sur le système solaire même si la rentabilité de l’investissement est contestable.

Enfin, la ventilation double flux à un inconvénient. Elle lisse les températures égalisées sur toute la maison. Elle ne permet pas, par exemple, d’obtenir une température de 18° dans les chambres, 22° dans la salle de bain et 21° dans le reste de la maison. La ventilation tire l’air chaud du radiateur solaire de la salle de bain et le distribue dans toute la maison. La redistribution des calories par le système serait à repenser.

Nous remercions Charles et Anne-Marie pour leur accueil et retour d’expérience. Nous leur souhaitons beaucoup de bonheur dans leur maison!

Quoique n’ayant pas été labellisée, cette habitation rentre dans la catégorie passive encore assez fermée en France lorsqu’il s’agit de réhabilitation.





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Une expertise confirmée par de nombreuses réalisations en Bourgogne & Rhône-Alpes

agence d'architecture intérieure

archilyon.fr Pierrick Chevillotte Architecte d’Intérieur, diplômé de l’Ecole CAMONDO en 1997. Qualifié par le Conseil Français des Architectes d’Intérieur (n°997).

Une agence d’architecture intérieure et de maitrise d’œuvre spécialisée dans la rénovation respectueuse du bâti ancien, les solutions saines et écologiques dans l’habitat, la performance énergétique.

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